Beaucoup de chantiers à Saint-Jean, mais pas encore de nouvelle école francophone

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André Magny

Journaliste

Saint-Jean connaît une hausse record des permis de construction, une tendance qui pourrait transformer le paysage urbain et répondre aux besoins croissants en infrastructures. Y compris pour les francophones?

Au cours des quatre premiers mois de 2025, Saint-Jean a connu une croissance immobilière sans précédent, s’il faut en croire les chiffres fournis par la ville: 207 permis ont été octroyés entre janvier et avril 2025, représentant une valeur totale de 185,5 millions de dollars. Ce chiffre est près de cinq fois supérieur à la moyenne quinquennale de 39,7 millions de dollars pour la même période.

Dans un communiqué émis par la ville de Saint-Jean, Christopher McKiel, le directeur du développement et des normes communautaires, souligne que la croissance de la ville «est large et diversifiée, elle ne repose pas sur un seul projet ou secteur». Cette dynamique est portée par des investissements dans les secteurs institutionnel, résidentiel, commercial et industriel.

Des écoles, mais aucune francophone à Saint-Jean

Parmi les projets majeurs, la North End Elementary School, actuellement en construction, représente un investissement de 46 millions de dollars. De son côté, la South End K-8 School and Community Hub, encore à l’étude, est évaluée à 55,4 millions de $. Ces écoles visent à répondre à la demande croissante en infrastructures éducatives. Mais nonobstant la construction de ces écoles, toujours selon la ville, ces quatre premiers mois de 2025 dépassent de 26% le précédent record de construction datant de 2017.

Cependant, la communauté francophone de Saint-Jean pourrait ne pas bénéficier directement de ce boom immobilier. Actuellement, la région ne compte que deux écoles francophones, et aucune annonce officielle ne confirme la création d’un nouvel établissement destiné aux élèves francophones.

La ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Claire Johnson, annonçait en décembre 2024 la construction de deux nouvelles écoles francophones dans le sud de la province, mais celles-ci seront implantées à Sussex-Hampton et dans le sud-ouest, et non à Saint-Jean.

Le Conseil d’éducation du District scolaire francophone Sud (DSFS) espère évidemment que le dynamisme que suscite la hausse des permis de construction à Saint-Jean contribuera à y renforcer la vitalité de la communauté francophone, et qu’il entraînera, par ricochet, une volonté politique renouvelée d’investir dans les infrastructures scolaires francophones.

Michel Côté, le président du Conseil d’éducation

Dans la foulée des demandes du Saint-Jeannois, Michel Côté, le président du Conseil d’éducation, a tenu à faire savoir que «depuis plusieurs années, le DSFS fait face à une situation de surpopulation au Centre scolaire communautaire Samuel-de-Champlain, qui a déjà atteint sa pleine capacité d’accueil.» Pas plus tard que cette semaine, le Conseil d’éducation a dû y ajouter deux classes mobiles supplémentaires, faute d’espace. Selon Michel Côté, «cette situation met en lumière une réalité incontournable: les familles francophones, les ayants droit et les nouveaux arrivants sont de plus en plus nombreux dans la région de Saint-Jean, et leurs enfants ont besoin d’un environnement d’apprentissage adéquat.»

Un impact sur le logement et l’économie

La croissance immobilière ne se limite pas qu’aux infrastructures éducatives. Le secteur résidentiel connaît également une forte expansion, avec 144 nouvelles unités créées depuis le début de l’année, dépassant la moyenne quinquennale de 126 unités. De plus, 14 nouveaux projets résidentiels sont prévus, ce qui devrait ajouter plus de 1110 logements à la ville.

La mairesse de Saint-Jean, Donna Reardon

La mairesse de Saint-Jean, Donna Reardon, se réjouit évidemment de cette dynamique: «Saint-Jean est ouverte aux affaires et engagée dans une croissance réfléchie qui profite à toute la communauté». Elle souligne l’importance des investissements stratégiques pour moderniser les infrastructures et renforcer l’économie locale.

Enfin, la ville prévoit d’autres développements majeurs en 2025 qui ne sont pas encore comptabilisés dans les valeurs des permis. Parmi ceux-ci, mentionnons le développement du musée sur l’avenue Douglas et l’expansion de NextGen Pulp and Paper sur la rue Mill, qui est en cours d’examen pour sa première phase.

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