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Mardi, avril 7, 2026
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Exister, ça se dit en français

On pourrait faire semblant de ne pas voir. Dire que ce n’est pas si pire. Que le français au Nouveau-Brunswick tient encore debout.

Mais les chiffres, eux, ne font pas semblant. La proportion de francophones diminue tranquillement depuis des décennies, jusqu’à atteindre 30,3 % en 2021. Pas un effondrement spectaculaire. Non. Juste une érosion lente. Silencieuse. Presque confortable.

Et c’est peut-être ça, le vrai danger.

Parce qu’une langue ne meurt pas dans le bruit. Elle disparaît dans l’habitude. Dans les « c’est plus simple en anglais », dans les conversations qu’on ne corrige plus, dans les services qu’on n’ose pas réclamer.

Petit à petit, on s’adapte. Et sans s’en rendre compte, on s’efface.

Pourtant, ici, parler français n’a jamais été un accident. C’est un choix qui a traversé l’histoire, les pressions, les tempêtes. Et aujourd’hui encore, ce choix nous appartient.

Car oui, le contexte est réel, immigration majoritairement anglophone, services parfois inégaux, poids du bilinguisme souvent porté par les francophones eux-mêmes. Mais rien de tout ça n’enlève une vérité simple, une langue vit parce qu’on la fait vivre.

Pas dans les discours. Dans les gestes.

Demander un service en français. Inscrire ses enfants dans des institutions francophones. Corriger, doucement, sans gêne. Insister, même quand c’est inconfortable. Non pas pour déranger, mais pour exister.

Et très bientôt, il y aura un moment clé.

Le 1er mai, Statistique Canada lancera le Recensement 2026. Ça peut sembler banal, mais c’est tout sauf anodin. Les données recueillies servent à comprendre nos réalités et à orienter les décisions des gouvernements, des municipalités et des organismes qui offrent des services à la population.

Comme francophones, il est essentiel d’y participer, et surtout, d’y affirmer clairement nos usages linguistiques.

Concrètement, cela passe par les questions 9 et 10, pour chaque personne du ménage. Ce sont elles qui permettent de faire compter notre langue. Les questions 12 à 16, sur les études primaires et secondaires, sont tout aussi importantes, elles aident à planifier les écoles, les programmes, les services pour nos jeunes.

Autrement dit, répondre, c’est exister. Répondre clairement, c’est se donner les moyens d’agir.

Parce que si on ne se déclare pas, on disparaît des décisions. Aussi simple que ça.

Au fond, le français ne disparaîtra pas tout seul.

Il disparaîtra si on le laisse faire.

Alors non, ce n’est pas le temps de paniquer. Mais ce n’est plus le temps d’être tiède non plus.

Parler français, ici, ce n’est pas juste une habitude.

C’est un acte.

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