Une tapisserie de 230 pieds pour représenter l’histoire de l’Acadie

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Jonathan Poirier

Rédacteur en chef

Depuis un an, l’artiste peintre Andre Haines travaille sur son projet de parchemin acadien dans le studio de son appartement situé au centre-ville de Saint-Jean. Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus sur cet ambitieux projet.

Originaire de la Nouvelle-Écosse, monsieur Haines habite à Saint-Jean depuis maintenant deux ans. Il a même été honoré par l’Assemblée législative de sa province pour ses 30 années de contributions dans le domaine des arts au niveau de l’enseignement, de la télévision et du cinéma. Il a voyagé dans plusieurs régions de France après la fin des restrictions sanitaires de la COVID et a ainsi été inspiré pour son nouveau projet d’art.

Les alignements de Carnac, cette série de milliers de pierres âgées de plus de 4000 ans, l’ont fasciné: «Les Pierres de Carnac, c’est là où a commencé l’histoire de la France. Il y a des milliers et des milliers de pierres alignées sur des kilomètres et des kilomètres et personne ne sait pourquoi c’était comme ça. Et c’est de là que viennent les Acadiens». L’artiste a aussi eu la chance de voir la tapisserie de Bayeux, une toile de 70 mètres de long racontant l’histoire de la conquête de l’Angleterre par Guillaume Le Conquérant. En voyant cet œuvre, monsieur Haines s’est dit que les Acadiens méritent d’avoir leur propre version pour honorer leur patrimoine.

Une tâche colossale

L’oeuvre prend beaucoup de place dans le studio. Crédit: Gracieuseté.

À son retour, l’artiste peintre a acheté une montagne de canevas pour commencer son projet. Il enlève les toiles des cadres, les coud ensemble à la main et les accroche pour les peindre à l’acrylique. Lorsqu’une section de quelques mètres est terminée, elle est ajoutée à l’œuvre finale qui devra faire 230 pieds (70 mètres) de long pour avoir la même longueur que la tapisserie de Bayeux.

La première image représentée est les alignements de Carnac. Par la suite, on peut y voir les noms des 37 premières familles qui sont arrivées en Acadie, Port-Royal, l’Ordre du Bon-Temps, la première pièce de théâtre présentée dans le Nouveau Monde en 1606 et d’autres scènes racontant l’histoire des Acadiens. «Je suis peintre de ma propre expérience. Il fallait que j’aille à Carnac, il fallait que j’aille à Flers et faire beaucoup de tableaux sur le quai pour savoir comment ils se sentaient. Les bâtiments sont toujours les mêmes, comme dans le temps de Jacques Cartier et Champlain.», raconte-t-il. Monsieur Haines ajoute aussi que l’œuvre reconnait dès le départ que l’Acadie est située sur le territoire non cédé des peuples autochtones en guise de respect.

En l’espace d’un an, l’artiste a réalisé environ une centaine de pieds. Étant anglophone, il consacre aussi du temps à améliorer son français. Cet apprentissage lui est utile, puisqu’il est en contact constant avec des historiens pour obtenir de l’information, des rétroactions et des corrections sur des faits historiques. Monsieur Haines ajoute que son parchemin acadien est une œuvre vivante: «Avec le temps, des corrections s’imposeront! Si quelqu’un sait quelque chose, une petite information, elle peut être ajoutée. Ça ne peut pas être une œuvre statique!»

Lorsque la tapisserie sera terminée, un autre défi de taille s’imposera: trouver un endroit assez grand pour être capable d’exposer la toile qui mesurera 230 pieds de longueur.

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