Saint-Jean prend le taureau par les cornes

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Jonathan Poirier

Éditeur/Rédacteur en chef
jonathan.poirier@arcf.ca

Pour revenir à l’équilibre budgétaire et stopper sa décroissance, la Ville de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, poursuit un objectif audacieux : concentrer son développement futur sur 77 kilomètres carrés. Aperçu de ce modèle de densification unique au pays.

La croissance du territoire de Saint-Jean et sa décroissance démographique depuis des décennies sont alarmants. En 1951, la ville de Saint-Jean comptait 73 100 habitants pour une superficie de 35 kilomètres carrés. En 2016, la population était de 67575 personnes répartie sur 316 kilomètres carrés. Combinés, ces deux phénomènes ont contribué aux défis actuels auxquels cette municipalité est confrontée.

Densité et régionalisation

Le plan d’urbanisme 2011-2035 de la Ville de Saint-Jean prévoit de limiter le développement immobilier à cette zone de 77 kilomètres carrés. Crédit: Ville de Saint-Jean.

Pour inverser la tendance de l’étalement urbain, la principale mesure adoptée par la Ville de Saint-Jean est la densification du développement immobilier et des services. Comme son nom l’indique, la densification vise à augmenter la population et les services dans un territoire plus petit. Le but est d’améliorer l’aménagement du territoire en optimisant chaque espace utilisé. Concrètement, cela signifie de bâtir des habitations à plusieurs étages pouvant loger plus de personnes avec la même superficie de terrain et créer des lots résidentiels avec des terrains plus petits pour ceux voulant construire des maisons.

Pour y arriver, les villes doivent utiliser une combinaison de mesures.

«Offrir des incitatifs financiers aux promoteurs pour construire intelligemment, créer des zones privilégiées de services à prioriser dans certains quartiers et interdire le développement immobilier au-delà d’une certaine limite peuvent résorber les effets de l’étalement urbain », explique le doyen des études de l’Université de Moncton au campus de Shippagan et professeur d’urbanisme Yves Bourgeois.

Selon le commissaire adjoint du service de la croissance et du développement communautaire de la Ville de Saint-Jean Philippe Ouellette, les politiques mentionnées par monsieur Bourgeois ont déjà été mises en place à Saint-Jean dans le plan d’urbanisme établi pour la période 2011-2035. Dans ce document, on y apprend que la ville a créé une zone principale de développement restreinte à 77 kilomètres carrés dans laquelle on veut concentrer 85% du développement (voir image).

Une autre avenue pour résoudre le problème réside dans la volonté de la ville et de ses municipalités environnantes de régionaliser certains services et regrouper des organismes afin d’optimiser les dépenses et les sources de revenus. Cela semble se concrétiser, puisque des organisations comme Enterprise Saint John (maintenant devenu Economic Development Greater Saint John) ont revu leur mandat pour s’étendre à toute la région métropolitaine en échange de financement des municipalités. De plus, le 20 novembre dernier, le gouvernement provincial a annoncé sa volonté de forcer les municipalités environnantes de contribuer aux coûts d’exploitations des infrastructures régionales.

Transport en commun

Enfin, lutter contre l’étalement urbain passe aussi par l’amélioration des transports en commun afin qu’ils puissent rivaliser avec l’utilisation individuelle de l’automobile. Le professeur Bourgeois désigne la possession d’un véhicule comme étant une sorte de «vache sacrée» en raison de notre attachement au sentiment liberté qu’elle nous confère. Habiter dans des zones où les transports en commun sont accessibles freinerait l’étalement urbain et améliorerait l’efficacité de ce service.

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