Malgré les défis, le City Market se relève peu à peu

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André Magny

Journaliste

C’est bien d’aller au marché pour y rencontrer la fille d’un avocat comme le chante Gilles Vigneault, mais encore faut-il que les marchands soient aussi présents! C’est pour revitaliser l’achalandage et soutenir les commerces déjà sur place que le City Market de Saint-Jean s’est doté d’un plan stratégique pour les 10 prochaines années.

Le site de CBC rapportait au début du mois mars que des boutiques comme Slocum & Ferris allaient mettre la clé dans la porte faute de clients. La situation est-elle à ce point dramatique au sein du marché?

Selon le directeur du City Market, Andrew MacDonald, la circulation piétonnière est à 90 % de ce qu’elle était avant la pandémie. «Les travaux se poursuivent pour augmenter le nombre de visiteurs.» Crédit: gracieuseté du service des communications de la Ville de Saint-Jean.

Le plan, débuté en juin 2023 et devant s’étendre jusqu’en 2033, vise, selon Andrew MacDonald, le directeur de City Market, «une série d’engagements avec la communauté, les fournisseurs et les parties prenantes». Parmi les 65 points compris dans le plan, on parle notamment d’améliorer l’aménagement intérieur en y ajoutant plus de sièges et la possibilité d’accepter des vendeurs éphémères.

Andrew MacDonald est d’avis qu’au cours des trois prochaines années, la population devrait constater des changements tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du marché.

Depuis l’an dernier, selon les statistiques obtenues du service des communications de Saint-Jean, deux commerces ont fermé boutique, remplacés par deux autres et, toujours selon le service des communications, deux nouveaux commerces doivent venir s’ajouter dans quelques mois. M. MacDonald parle d’une «mise à jour des stands pour s’adapter à l’expansion de certains fournisseurs». Il ajoute qu’un nouvel horaire sera bientôt proposé afin «qu’un calendrier d’exploitation cohérent» puisse s’installer.

Du côté des marchands

Darren Lavigne est propriétaire du Green Grocer depuis 12 ans. Crédit: gracieuseté de Darren Lavigne.

Darren Lavigne est propriétaire du Green Grocer depuis déjà 12 ans, mais il travaille au marché depuis les années 1990. Pour lui, il est clair que le va-et-vient au sein du marché a souffert de la pandémie. Néanmoins, il remarque que les gens reviennent davantage à leurs anciennes habitudes. Il apprécie que la Ville de Saint-Jean ait une stratégie concernant le marché, même s’il est conscient qu’un plan de dix ans demandera de la patience. Le jeu en vaut-il la chandelle pour celui qui offre avec le sourire un peu plus que des fruits et légumes frais ? Absolument. Pour Darren Lavigne, rien ne remplace l’atmosphère du City Market. «J’aime le marché. J’aime voir des visages familiers et rencontrer les touristes ou les nouveaux arrivants.»

Même son de cloche du côté de Loretta Landry. Propriétaire depuis cinq ans du réputé Jeremiah’s Deli avec sa partenaire Maggie Bryson, elle aussi a remarqué que l’achalandage s’améliorait quelque peu. Selon Mme Landry, le plan stratégique du City Market arrive à point nommé. «Il faut rafraîchir les lieux. Je pense que les responsables du marché vont dans la bonne direction. C’est certain que le changement est difficile pour tout le monde, mais si nous l’acceptons, je crois que ce sera pour le mieux.» Si Jeremiah’s est présent au sein du marché depuis plus de 45 ans, c’est, selon Loretta Landry en raison du site historique que constitue l’emplacement du marché. «C’est au cœur du centre-ville et nous sommes ici depuis si longtemps que les gens savent que nous serons là pour eux quand ils auront besoin de nous.»

Loretta Landry à droite et Maggie Bryson à gauche sont toutes deux propriétaires du Jeremiah’s Deli spécialisé dans les sandwichs au City Market. Crédit : gracieuseté de Loretta Landry.

N’empêche que le départ de certains commerçants attriste tout autant Loretta Landry que son collègue Darren Lavigne. Celui-ci parle d’une grande famille qui travaille fort, même s’il comprend certains de plier bagage.  Loretta l’explique «en raison des pertes importantes que nous avons subies ces dernières années» en parlant de certains propriétaires. Néanmoins, elle est convaincue que le plan sera bon. «Il y a tellement de nouveaux arrivants dans notre ville que nous avons le sentiment qu’ils vont continuer de venir. Je dis à ceux qui seraient tentés de partir d’être patients, s’ils peuvent se le permettre.»

Quant à Andrew MacDonald, face à de possibles nouvelles fermetures de boutiques comme Slocum & Ferris, sa réponse est sans équivoque: «Aucun autre marchand n’a indiqué vouloir fermer son commerce au City Market.»

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