Comment activer sa francophonie? Mehdi Cayenne et Katherine Plouffe le font avec un ballon ou une chanson!
Les Rendez-vous de la Francophonie ont lieu tout au long du mois de mars. Les porte-paroles — l’artiste Mehdi Cayenne et la basketteuse pro Katherine Plouffe — ont hâte de partager de bons moments avec les francophones et les francophiles du pays, d’est en ouest, du nord au sud!
La toute nouvelle affiche a justement été dévoilée récemment, promettant de capter l’attention d’un bout à l’autre du pays, avec ses couleurs vives et sa facture originale.
Né au Maghreb d’une mère française et d’un père algérien, Mehdi Cayenne se définit comme un francophone à l’aventure. Il a grandi en français à Montréal, Moncton et Ottawa et, comme artiste, il a tourné dans les francophonies canadiennes et mondiales.
Sa francophonie est un pont vers l’autre. « Ma culture est un peu colorée par toutes les autres francophonies auxquelles j’ai la chance d’avoir accès. » Le courant qui passe enrichit sa francophonie.
Activer sa francophonie : un courant qui passe
Mehdi Cayenne visualise le slogan des Rendez-vous de la Francophonie, « Active ta francophonie », comme une boule de cristal traversée par des courants d’électricité.
D’ailleurs, le courant a passé entre les deux porte-paroles, qui se sont rencontrés à l’automne, dans le cadre des préparatifs. C’est pour eux un premier Rendez-vous, la rencontre de deux univers.
« Dans ma vie, la langue est une opportunité de connecter avec les gens », indique la basketteuse qui a joué dans le circuit professionnel en France, Katherine Plouffe, originaire d’Edmonton. « On peut utiliser plusieurs choses pour connecter : le sport, la musique, la langue. »
Et c’est bien ce qui arrivera en mars, pendant les Rendez-vous de la Francophonie.
Découvrir la francophonie
Mehdi Cayenne aime l’intensité incarnée par les athlètes professionnels, porteurs de qualités comme la résilience, l’esprit d’équipe et l’optimisme. Preuve faite, Katherine Plouffe se dit toujours en mode : «‘OK, I can do hard things’.» Comme apprendre le français à l’âge adulte.
++
« La chose la plus importante, c’est pas les résultats. C’est d’être un bon teammate, un bon humain. C’est qui on est et comment on progresse quand les difficultés arrivent. Ça, c’est la vie. » – Katherine Plouffe
++
Ses arrière-grands-parents étaient canadiens-français, mais la langue s’est perdue de génération en génération. En joignant une ligue féminine de basketball en France, elle s’est convaincue d’apprendre le français pour échanger avec son entourage — ses ami-e-s, ses coéquipières, les gens qu’elle rencontre.
De retour au Canada, Katherine Plouffe a découvert la francophonie albertaine, en particulier celle d’Edmonton où elle habite. Un nouvel univers s’est révélé.
La rencontre de différents mondes
«Il y a toujours quelque chose de fascinant à partir loin de chez soi et à aller à la rencontre du monde », dit Mehdi Cayenne, et ce, même en restant dans le même pays, fait-il valoir.
« À 5000, 6000 km de chez soi, même si les repères culturels semblent d’emblée similaires, il y a plein de différences. »
Le Franco-Ontarien donne l’exemple de la découverte d’un village dans l’Ouest, avec deux coins de rue, un seul feu de circulation et l’école juste à côté. Ou encore, la visite d’une ville difficilement atteignable en voiture, comme Whitehorse ou Yellowknife. « C’est magique », croit-il.
Des porte-paroles qui s’activent
La magie des rencontres, c’est la raison d’être des Rendez-vous de la Francophonie. Dans cette optique, Mehdi Cayenne et Katherine Plouffe seront tous les deux sur le terrain.
En mars, Katherine Plouffe animera des conférences sur l’importance de la langue et de la culture française et sur son expérience de sportive de haut niveau. « C’est intéressant que beaucoup de la culture française, c’est les arts, la musique et tout ça. J’aime bien quand je peux unir la culture française et les sports, parce que les sports aussi unissent les gens. »
Mehdi, lui, promet des spectacles, des ateliers scolaires sur la confiance en soi. Il compte bien créer des rencontres magiques au fil de l’aventure, comme il a pu tisser des liens avec les personnes que la vie a mis sur sa route.
Les Rendez-vous de la Francophonie auront lieu tout au long du mois de mars. Il y aura des jeux, des concours, des projections de films, des ateliers et des spectacles. Le 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie constituera un moment fort. Visitez le site rvf.ca pour découvrir la programmation et les activités proposées dans votre région. Il y est également possible de commander la nouvelle affiche et d’acheter des outils promotionnels des Rendez-vous en vue du mois de mars, mois de la Francophonie!
Ah, la Chandeleur ! Cette fête joyeuse et savoureuse qui illumine le cœur de l’hiver. Mais qu’est-ce que c’est exactement ? Originaire de la tradition chrétienne, la Chandeleur, ou Fête de la Présentation du Seigneur, est célébrée le 2 février, soit 40 jours après Noël. Son nom vient du latin « candelarum », signifiant « chandelles », en référence aux processions aux chandelles qui symbolisaient la lumière du Christ entrant dans le monde.
Au fil du temps, cette célébration religieuse s’est enrichie de coutumes païennes et populaires, particulièrement en France et dans les pays francophones. Aujourd’hui, la Chandeleur est surtout connue pour sa tradition culinaire : les crêpes ! Pourquoi des crêpes, me direz-vous ? Selon la légende, elles représentent le soleil rond et doré, annonçant le retour des beaux jours et la fin de l’hiver. On dit même que faire sauter une crêpe de la main droite tout en tenant une pièce d’or dans la gauche porte chance pour l’année entière. En famille ou entre amis, c’est l’occasion de se réunir autour de la poêle, de partager des rires et des garnitures sucrées ou salées, du sucre et du citron aux fruits frais, en passant par le chocolat fondu ou le jambon-fromage.
Mais la Chandeleur n’est pas seulement française ! Dans d’autres cultures, des fêtes similaires marquent cette période de l’année avec des plats ronds et réconfortants, comme les pancakes aux États-Unis, les baghrirs (ou « mille trous ») au Maghreb, les ployes acadiennes, les gaufres belges, les bugnes lyonnaises ou même les tamales en Amérique latine. C’est une célébration universelle de la lumière, de la fertilité et de la gourmandise, qui transcende les frontières.
Et si on prolongeait la fête ici ? L’Association régionale de la communauté francophone (ARCf) de Saint-Jean vous invite à un événement festif et familial pour célébrer la Chandeleur le samedi 7 février 2026, au Centre communautaire, de 13 h 30 à 16 h. Au programme : des crêpes, des pancakes, des mille trous, des ployes, des gaufres, des bugnes, des tamales et bien plus encore ! Venez déguster ces délices du monde entier, préparés par des membres de notre communauté multiculturelle.
La bibliothèque Le Cormoran sera présente lors de l’événement. Des livres de cuisine, ainsi que des livres autour des crêpes, seront disponibles pour emprunter avec votre carte de bibliothèque. C’est l’occasion parfaite pour découvrir de nouvelles recettes et plonger dans l’histoire de cette tradition gourmande !
Vous voulez participer activement ? Si vous souhaitez cuisiner et partager une spécialité de votre pays, inscrivez-vous dès maintenant. L’ARCf remboursera jusqu’à 100 $ avec preuve d’achat. Contactez Gabriel à culture@arcf.ca pour plus d’information. C’est une belle occasion de faire découvrir vos traditions et de tisser des liens avec d’autres résidents de Saint-Jean.
L’entrée est gratuite et c’est une activité idéale pour les familles ! Soutenu par des partenaires comme le gouvernement du Canada, la province du Nouveau-Brunswick, C105 FM, le Club Arc-en-ciel et la bibliothèque Le Cormoran, cet événement promet convivialité, saveurs et découvertes culturelles et gustatives.
Ne manquez pas cette occasion de chasser l’hiver avec de la lumière et des crêpes ! Rejoignez-nous le 7 février et apportez votre appétit. Pour plus d’infos, visitez le site de l’ARCf ou suivez-nous sur les réseaux sociaux.
C’est l’heure des Rendez-vous de la Francophonie! Nombreuses sont les façons de participer et de se connecter aux Rendez-vous. Spectacles, ateliers, théâtre audio, événements virtuels, concours… Il existe mille façons de se rassembler… et d’activer sa francophonie, comme le veut le thème de cette année!
Tournée d’humour
La tournée d’humour, qui en est à sa 12e édition, est devenue une valeur sûre, selon la directrice générale du Réseau dialogue, qui orchestre les Rendez-vous de la Francophonie (RVF). «L’humour permet le dialogue : il y a souvent un échange entre les humoristes sur scène et le public», a-t-elle remarqué au fil des années.
Chaque année, dans la cadre de la tournée des RVF, plusieurs humoristes montent sur les planches, ce qui permet de partager les histoires des francophonies canadiennes.
«On peut développer les humoristes émergents de la francophonie canadienne». Ajà Besler rappelle l’exemple de Micheline Marchildon qui a assisté au spectacle d’humour des RVF à Winnipeg, il y a plusieurs années. Après le show, elle est sortie et a échangé avec les artistes. Korine Côté lui a suggéré de venir faire des spectacles à Montréal pendant une semaine – ce qu’elle a fait. Quelques années plus tard, Micheline Marchildon devenait porte-parole des RVF et présentait un spectacle avec Korine Côté à Vancouver. «Un cercle complet», note, fière, Ajà Besler.
Micheline Marchildon
Cette année, la tournée d’humour est de passage de Halifax à Vancouver jusqu’à Whitehorse, en passant par Ottawa, Hearst et Calgary, et met en vedette Mario Jean, Eddy King, Stéphanie Morin-Robert, Jonathan Dion.
Avec des têtes d’affiche et des humoristes de la relève, «ça permet d’aller rejoindre un plus grand public parce que c’est varié, c’est pour tout le monde», croit Ajà Besler.
Tournées des porte-parole
Les RVF sont très présents dans les écoles – au-delà des affiches. Des activités spéciales, doublées d’outils pédagogiques, sont présentées chaque année grâce à des partenaires – l’ONF, TFO, Canadian Parents for French, pour en nommer quelques-uns.
Dans les prochaines semaines, aussi, le porte-parole Mehdi Cayenne ainsi que l’humoriste et animateur de la tournée d’humour Jonathan Dion, passeront du temps dans les écoles, auprès des jeunes.
Le musicien Mehdi Cayenne présentera un spectacle autour d’un nouvel album et sa chanson «Parti pour de bon», sortie à temps pour les RVF. Il prévoit un aspect participatif.
Il propose aussi un atelier s’inspirant d’une émission spécialement conçue par TFO autour des Rendez-vous, où les ados aborderont toutes sortes de sujets : l’apparence corporelle, la famille, l’amitié, les réseaux sociaux, etc. Les ateliers reprendront le concept.
Jonathan Dion (crédit Max Girouard – Borea Photographie)
De son côté, Jonathan Dion animera le spectacle unique «L’Expérience évasion», où la collaboration entre les élèves est nécessaire afin de trouver les codes secrets! Un spectacle interactif, original et plein de surprises attend les jeunes!
La coporte-parole, Katherine Plouffe,parlera sports et francophonie lors de conférences et d’ateliers en Alberta. Originaire d’Edmonton, cette basketteuse professionnelle a un rapport bien différent au français que Mehdi Cayenne. Elle a des ancêtres canadiens français, mais c’est en jouant professionnellement en France qu’elle a appris le français.
«Je pense que le lien entre la langue, l’art et la culture est beaucoup plus facile à faire [qu’entre la langue et le sport], estime Ajà Besler. Mais pour une grande partie de la population, le sport est vraiment là où ils forment leur communauté, leur connexion et tout ça.»
Katherine Plouffe lui donne raison. «Le sport m’a fait vivre beaucoup de choses qui me rendent fière et résiliente – comme apprendre le français. Je vais être dans la communauté pour parler de mon histoire et pourquoi c’est important d’apprendre la culture française au Canada.»
Des moments pour célébrer
Élèves des programmes d’immersion, apprenants adultes, enfants de familles exogames, les RVF sont ouverts à tout le monde, rappelle Ajà Besler. «On a besoin de créer des moments de rassemblement et d’échange en personne, de créer des moments positifs de connexion et de célébration.»
Elle cite l’exemple de l’autrice-compositrice-interprète et réalisatrice fransaskoise Alexis Norman, qui a présenté son documentaire « Assez French Enough », qui raconte la réalité de sa famille – un père anglicisé et une mère anglophone. À l’école francophone, elle, ses frères et sœurs avaient le sentiment de ne pas venir d ‘une famille «vraiment» francophone. Exposer leur réalité a confirmé certains membres du public dans leur identité et en ont exposé d’autres à une réalité qu’ils ignoraient. «Il y a des personnes qui ont dit n’avoir jamais senti avoir le droit de s’appeler Fransaskois-e, mais qui se sont senties vues, entendues, en visionnant le film, présenté en tournée pendant les RVF, en 2023.
Alexis Norman
À chacun ses RVF
Dans les collectivités, beaucoup d’activités auront lieu grâce à un programme de micro-subventions. Les montants autrefois consacrés à la distribution des affiches des RVF (qu’on peut maintenant se procurer sur la boutique en ligne) sont consacrés au soutien financier à l’intention des communautés désireuses d’organiser une activité.
Par exemple, le festival de films à Calgary a donné des billets à des familles nouvelles arrivées et à des étudiants. Le Comité FrancoQueer de l’Ouest a offert des spectacles de drag en français en Alberta ou à Vancouver. «Le drag, c’est quelque chose qui intéresse un public qui ne participe peut-être pas à des spectacles culturels juste en tant que francophone», souligne Ajà Besler.
Les Rendez-vous de la Francophonie permettent de se voir, de se découvrir, ajoute la directrice. «On est envahis de toutes sortes de contenus. Je pense que c’est intéressant qu’on utilise le gros engin que sont les Rendez-vous de la Francophonie pour faciliter la découverte et renforcer ce qui se passe dans les différentes collectivités. C’est notre contribution, notamment grâce à la collaboration d’autres groupes.» Le bal est parti! Trouvez les détails de la programmation sur le site des Rendez-vous de la francophonie.
Le Centre scolaire Samuel-de-Champlain avec ses nouvelles classes portables (archives)
Le milieu de l’éducation francophone au Nouveau-Brunswick traverse une zone de turbulences sans précédent. Un récent communiqué diffusé par le Regroupement des conseils d’éducation (CED) francophones a jeté un pavé dans la mare, révélant une situation financière précaire qui menace directement la qualité des services offerts aux élèves. Cette sortie médiatique a provoqué une réaction immédiate de la première ministre Susan Holt, illustrant la complexité des défis structurels et démographiques auxquels fait face la province.
Le constat alarmant des districts scolaires
Dans leur communiqué, les présidents des trois districts scolaires francophones (Nord-Est, Nord-Ouest et Sud) brossent un portrait sombre de la réalité terrain. Ils affirment que les budgets actuels sont insuffisants pour répondre à la mission double des écoles : la réussite académique et la construction identitaire.
Le Regroupement souligne que les districts sont déjà en situation de déficit pour l’année en cours. Cette fragilité est accentuée par deux facteurs majeurs :
L’inflation et les coûts fixes : L’augmentation du coût de la vie impacte tout, du transport scolaire au chauffage des bâtiments, grignotant les marges de manœuvre déjà minces.
Les compressions passées : Les districts rappellent avoir déjà absorbé des coupes importantes (environ 9,5 millions $ en 2025-2026), précisant qu’il n’est plus possible de couper dans l’administratif sans affecter directement la salle de classe.
L’inquiétude est d’autant plus vive que le gouvernement a demandé aux ministères d’analyser des scénarios de réduction des dépenses allant de 10 % à 15 % pour l’exercice 2026-2027. Pour les CED, une telle mesure serait « catastrophique » et mènerait inévitablement à une diminution des services aux élèves, tels que l’aide pédagogique et les services spécialisés.
La réaction de Susan Holt : Entre empathie et contraintes réelles
Interpellée sur le sujet, la première ministre Susan Holt a réagi en mettant l’accent sur les défis d’infrastructure et la croissance démographique fulgurante. Si elle reconnaît les besoins, elle replace le débat sur le terrain de la capacité physique d’accueil des élèves.
La première ministre Holt admet que certaines écoles, particulièrement dans le District francophone Sud, sont en situation de débordement critique. Elle cite notamment les écoles Samuel-de-Champlain à Saint-Jean et Sainte-Anne de Fredericton comme exemples frappants où le besoin d’espace est « vraiment gros ». À l’opposé, elle note que d’autres régions font face à des écoles sous-peuplées, créant un déséquilibre géographique difficile à gérer.
Pour répondre aux besoins, la première ministre affirme que son gouvernement veut augmenter radicalement la cadence des infrastructures scolaires. Alors que les gouvernements précédents construisaient environ deux écoles par année, elle estime que la province a désormais besoin d’en construire six annuellement pour rattraper le retard. Toutefois, elle tempère cette ambition par la réalité du marché : en raison des limites de la main-d’œuvre et du budget, la capacité réelle se situerait plutôt autour de quatre constructions par an.
Vers une impasse ou une collaboration ?
Le fossé semble se creuser entre la gestion opérationnelle quotidienne réclamée par les districts (le budget de fonctionnement) et la vision à long terme du gouvernement axée sur les infrastructures (le budget d’immobilisations).
Pour Ghislaine Foulem, porte-parole des CED, le secteur de l’éducation est « essentiel au développement social et économique » et ne peut être traité comme une simple colonne de dépenses à amputer. De son côté, Susan Holt assure que son gouvernement utilise les listes de priorités fournies par les districts pour orienter les investissements, tout en précisant que ces derniers sont limités par la capacité financière globale de la province.
La question demeure : comment atteindre les cibles ambitieuses de littératie et de numératie fixées par le nouveau Plan d’éducation si les ressources humaines et financières ne suivent pas la cadence des nouvelles constructions ? Le dialogue entre Fredericton et les conseils d’éducation sera déterminant dans les mois à venir pour éviter que la « mosaïque éducative » ne s’effrite davantage.
La comédie musicale Évangéline revisite l’un des récits les plus marquants de l’histoire acadienne, celui d’Évangéline et Gabriel, dans une mise en scène moderne et haute en couleur. La première mondiale a eu lieu à la Place des Arts, à Montréal, le 5 février.
Évangéline entraine les spectateurs de la Nouvelle-Écosse au Québec, puis jusqu’en Louisiane. Photo : Annie Diotte
Clémence Tessier – Francopresse
Inspirée du poème de Henry W. Longfellow (1847), l’œuvre dépasse la simple adaptation romantique. Ici, l’histoire d’amour devient le fil conducteur d’un récit plus vaste : celui de la déportation des Acadiens.
Sur scène, l’histoire prend vie grâce à une distribution en partie acadienne. Gabriel Lajeunesse est incarné par le Québécois Olivier Dion, Évangéline Bellefontaine par l’Acadienne Maude Cyr-Deschênes, tandis que le personnage historique de Joseph Broussard, dit Beausoleil, leadeur de la résistance acadienne avant, pendant et après la Déportation de 1755, est interprété par l’acadien Raphaël Butler.
Le récit entraine le spectateur dans un voyage allant de la Nouvelle-Écosse au Québec, puis jusqu’en Louisiane, suivant les tentatives des deux amants de se retrouver.
La comédie musicale s’articule autour d’une trame de 22 chansons originales, mêlées à des pièces musicales traditionnelles acadiennes et mi’kmaq, pilotée par le metteur en scène et directeur de création d’origine française, Jean-Jacques Pillet.
À la toute fin, on peut entendre une interprétation de la célèbre chanson Évangeline.
Rachel Léger, Acadienne originaire de Caraquet, installée à Montréal depuis 35 ans, était présente à la première. Elle a été surprise par l’ampleur de la production. «Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Tout était original : les textes, les chansons, les costumes. C’est une grosse production. J’ai été très agréablement surprise».
Elle souligne le caractère touchant et émotif du spectacle, mais aussi sa la prise de conscience qu’il peut entrainer. En sortant de la salle, l’Acadienne raconte avoir entendu d’autres spectateurs s’étonner de ne pas mieux connaitre l’histoire de la Déportation.
Cette dimension éducative n’est pas un hasard. L’historien André-Carl Vachon, engagé dès janvier 2024 comme réviseur historique, a travaillé pendant plus de deux ans à valider les textes, les dates et les lieux mentionnés dans la pièce. Son rôle consistait à assurer la cohérence entre la liberté artistique du scénario et la rigueur des faits historiques.
«Je recevais les textes, je les commentais, je proposais des corrections lorsque nécessaire», confie-t-il en entrevue avec Francopresse.
Par exemple, une scène évoquait l’incendie d’un village à une date erronée. «Le village dont ils parlaient avait déjà été brulé au moment du récit. Je suis retourné aux sources et j’ai suggéré de camper cette scène dans un autre lieu.»
Aussi, les chiffres présentés sur les affiches historiques que les spectateurs peuvent consulter hors de la salle et dans le programme du spectacle n’ont pas été arrondis. Ils correspondent aux données documentées sur la population acadienne avant 1755, estimée à 12 521, ainsi que sur le nombre d’Acadiens déportés au Québec et vers les treize colonies américaines, soit 9149. «Je préfère la précision. À force d’arrondir, on finit par gonfler les chiffres», explique André-Carl Vachon.
Le spectacle intègre un aspect longtemps laissé en marge de l’histoire : l’alliance entre les Acadiens et les Mi’kmaq. Pour l’historien, cet élément était essentiel. «Dès 1610, une alliance est créée. Il y a eu entraide, cohabitation, mariages. C’est une réalité historique.»
Il rappelle que cette alliance ne relevait pas que de la diplomatie, mais d’une coopération quotidienne. «Ce qui s’est installé, c’est une relation qui a permis aux deux peuples de vivre en paix. Il y a eu entraide. Les Autochtones ont aidé les Acadiens (et les Français à l’époque) à s’installer, à apprendre comment survivre à l’hiver. Ils ont cohabité sans gêne.»
Sur scène, cette relation prend forme à travers le personnage d’Hanoah, interprété par l’actrice Océane Kitura Bohémier-Tootoo, et des chorégraphies qui rendent hommage à la culture mi’kmaq.
Pour Rachel Léger, cet aspect était primordial. «On ne parle pas souvent de cette partie de notre histoire. J’ai trouvé ça très beau qu’on leur fasse une place dans les danses et les chansons.»
Le cinéaste acadien Phil Comeau était également présent à la première. «C’est un spectacle d’une puissance remarquable», confie-t-il. Celui-ci a été particulièrement touché par Maude Cyr-Deschênes dans le rôle d’Évangéline : «Quelle interprétation belle et inattendue de ce personnage! Elle est présentée comme une femme forte et combattante».
Une représentation par les racines acadiennes
À l’annonce de la distribution, certaines voix s’inquiétaient du nombre limité d’artistes acadiens dans la distribution et de la place accordée à l’accent acadien.
Rachel Léger aborde la question avec nuance. «Pour moi, il n’y a rien que je trouve plus faux qu’un accent forcé». Elle rappelle qu’il n’existe pas un seul accent acadien. «Moi, je viens de Caraquet. À Saint-Simon, ce n’est pas le même accent. À Moncton non plus. Alors on prend lequel?»
André-Carl Vachon, qui est également généalogiste, ajoute une perspective au débat. Face aux critiques évoquant un manque de représentation acadienne, il a entrepris de retracer la généalogie des artistes. «Tous les comédiens et chanteurs de la production ont des ancêtres acadiens», affirme-t-il, à l’exception d’Océane Kitura Bohémier-Tootoo, artiste innue.
Au-delà des débats, Évangéline touche une corde sensible. Pour Rachel Léger, la pièce s’inscrit dans un mouvement plus large de redéfinition identitaire. «Il y a une fierté acadienne qui est renouvelée depuis 10 ou 15 ans», relate-t-elle.
«La comédie musicale parle d’une histoire très importante. Et moi, ça m’a donné beaucoup de fierté», ajoute l’Acadienne.
La scène de la Déportation est difficile à regarder, reconnait-elle. «Mais on ne peut pas effacer notre histoire. Elle est tragique, mais on s’est relevés. On est encore là.»
Avec 33 représentations prévues à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Moncton, la production amorcera sa tournée en mars. Elle sera présentée à Moncton en juillet.
Au fil du temps, la Cour suprême du Canada est intervenue dans une série d’enjeux sociaux : ouverture des magasins le dimanche, décriminalisation de l’avortement, droit des francophones de gérer leurs propres écoles, et mariage entre personnes de même sexe.
La Charte, un outil puissant
L’enchâssement de la Charte canadienne des droits et libertés dans la Constitution du Canada, en 1982, marque un moment charnière pour la Cour suprême, qui doit donner aux principes généraux de ce texte une cohérence structurelle et pratique.
Devenue un outil judiciaire puissant, la Charte sera évoquée dans un millier de recours durant les deux premières années de son existence.
Interprétée et parfois réinterprétée par les juges de la Cour suprême, la Charte influence les politiques publiques du pays – donc les autorités politiques et juridiques. Ce travail accroît considérablement l’intérêt politique et médiatique envers la Cour suprême.
Décisions déterminantes
Souvent, la Cour suprême ne s’attardera pas directement aux conclusions d’un procès, mais à un principe qui les sous-tend. Ainsi, la portée des décisions du plus haut tribunal est plus large et fait jurisprudence.
Par exemple, la Cour suprême…
…réprimande un premier ministre ayant abusé de son pouvoir discrétionnaire
Frank Roncarelli avait l’habitude de payer le cautionnement de Témoins de Jéhovah arrêtés parce qu’ils distribuaient une brochure dont le titre était mal vu. En 1946, le premier ministre québécois Maurice Duplessis ordonne qu’on révoque le permis de servir de l’alcool du restaurant de Roncarelli. En 1959, la Cour suprême détermine que Duplessis a abusé de son pouvoir. Celui-ci a toutefois atteint l’objectif de ruiner l’homme d’affaires. Roncarelli c. Duplessis fait jurisprudence quant à la liberté de religion.
Par exemple, la Cour suprême…
…offre un cadre pour le rapatriement de la Constitution canadienne
La Cour suprême détermine que le gouvernement fédéral a l’autorité légale de rapatrier sa constitution sans l’accord des provinces. Cependant, en vertu des conventions constitutionnelles non écrites, elle estime qu’il faut un « degré appréciable de consentement provincial » pour la modifier, en particulier si les pouvoirs provinciaux sont visés. Après ce renvoi, le fédéral procédera à une ronde de négociations, puis rapatriera la Constitution.
En Alberta, Big M Drug Mart est accusé d’avoir vendu de la marchandise un dimanche, et ce, malgré l’interdiction du Lord’s Day Act de l’Alberta (en français, la Loi sur le dimanche). La Cour suprême établit que cette loi contrevient à la liberté de religion des personnes non chrétiennes et n’est pas cohérente avec le caractère multiculturel du pays promu par la Charte. Le principe de neutralité religieuse de l’État fait surface.
…oblige le Manitoba à traduire et à réadopter toutes ses lois
La Cour suprême détermine que la Province du Manitoba n’a pas respecté la Loi sur le Manitoba de 1870, qui exige l’adoption et l’impression des lois en anglais et en français. Elle déclare invalides les lois de la législature du Manitoba qui n’ont pas été publiées en anglais ET en français et exige que la Province les traduise et les adopte à nouveau. Quelques années plus tôt, la Cour suprême avait obligé le Manitoba à abolir la Loi sur la langue officielle de 1890 dans l’arrêt Forest.
…propose un modèle pour déterminer si la présomption d’innocence a préséance
R. c. Oakes (1986) [droit constitutionnel] [droit criminel]
La Loi sur les stupéfiants veut qu’une personne prise avec des stupéfiants soit accusée de possession en but d’en faire le trafic. Cependant, selon la Charte, il doit y avoir présomption d’innocence. David Oakes étant accusé de transporter des stupéfiants en très petite quantité, la loi justifie-t-elle vraiment d’ignorer sa présomption d’innocence? La Cour suprême crée un modèle d’analyse proportionnelle pour établir, au cas par cas, laquelle des règles a le plus de poids – le droit criminel ou les droits et libertés de la personne.
De 1969 à 1988, l’avortement peut seulement se pratiquer dans un cadre strict : dans un hôpital agréé, sur autorisation d’un comité médical. Le Dr Henry Morgentaler avait déjà purgé une peine d’emprisonnement pour avoir pratiqué illégalement un avortement. Après l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, le tribunal détermine que le Code criminel contrevient au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la femme. L’avortement est alors décriminalisé.
…affirme les droits ancestraux des peuples autochtones
R. c. Sparrow (1990) [droit constitutionnel] [droit des Autochtones]
Ron Sparrow est pris à pêcher avec un filet plus long que ce qu’autorise son permis commercial. À titre de membre de la Première Nation Musqueam, il revendique son droit ancestral. La Cour suprême lui donne raison : la Constitution protège les droits autochtones. Il s’agit d’une décision phare en ce qui a trait aux droits ancestraux des peuples autochtones.
…avise le fédéral sur le cadre d’une possible sécession du Québec
Le Québec a-t-il le droit de faire sécession unilatéralement? Non, indique la Cour suprême. Toutefois, en vertu des principes constitutionnels, si le peuple québécois s’exprimait démocratiquement et clairement en faveur d’une sécession, le gouvernement fédéral aurait le devoir de négocier ses conditions de bonne foi. Les négociations devraient tenir compte des intérêts des provinces, de la population canadienne, au Québec et hors Québec, et des droits des minorités.
…assure le droit à l’équité de tous les groupes, personnes homosexuelles incluses
Après avoir dû déclarer son homosexualité à son employeur, Delwin Vriend est congédié, mais il ne peut contester cette décision devant la Commission des droits de la personne de l’Alberta parce que celle-ci a déterminé que l’orientation sexuelle n’est pas un objet de discrimination, contrairement à la race, la religion, le genre et l’âge. La Cour suprême déclare qu’une omission législative ne permet pas d’ignorer la Charte. La Commission des droits de la personne de l’Alberta est alors tenue de modifier la liste des groupes protégés.
…incite à tenir compte des circonstances systémiques pour établir une peine
Alors que les Autochtones représentent 3 % de la population canadienne, ils constituent 12 % de la population carcérale. La Cour suprême suggère que la peine peut tenir compte des circonstances historiques, systémiques et personnelles dans lesquelles évolue une personne accusée autochtone. Cette décision a un caractère réparateur, l’objectif étant d’éviter que la discrimination ou des injustices se perpétuent dans le système de justice.
…affirme le droit d’une personne accusée d’être jugée dans la langue de son choix
Accusé de meurtre, Jean Victor Beaulac demande à être entendu par un juge et un jury qui parlent français et anglais, mais la cour provinciale rejette sa demande.La Cour suprême rappelle cependant que les droits linguistiques doivent être appliqués de façon systémique. « Les inconvénients administratifs ne sont pas un facteur pertinent, pas plus que ne le sont les aptitudes linguistiques de l’accusé dans la langue officielle qu’il n’a pas choisie », explique-t-elle.
…accorde aux conjoints de même sexe le droit de se marier
En 1999, la Cour suprême avait élargi la définition de « conjoints de fait » à « l’union de deux personnes », plutôt qu’à « l’union d’un homme et d’une femme ». Quelques années plus tard, dans la même optique, le fédéral demande à la Cour suprême d’analyser une définition inclusive du mariage. La Cour suprême déclare que les conjoints de même sexe peuvent se marier. Elle précise que si cette décision va à l’encontre des valeurs de certaines autorités religieuses, celles-ci ne sont pas tenues de célébrer ces unions.
…ordonne au fédéral de créer un régime d’aide médicale à mourir
Dès le début des années 1990, les tribunaux déboutent quelques causes entourant le recours à l’aide d’un médecin pour se soustraire à une condition médicale grave, irrémédiable et qui occasionne des souffrances persistantes. Cependant, le débat se poursuit. Dans un jugement unanime, la Cour suprême finit par déterminer qu’interdire l’aide médicale à mourir entrave le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité. Elle donne 12 mois au gouvernement fédéral pour créer un régime d’aide médicale à mourir.
…fixe des délais raisonnables pour la tenue d’un procès
Selon la Charte, toute personne accusée a droit d’être jugée dans un délai raisonnable. Cependant, une culture des délais s’est installée dans le système de justice. Par exemple, il aura fallu 49 mois pour que la cause Jordan soit conclue. Pour remédier aux excès désormais tolérés, la Cour suprême établit des limites : un procès doit être conclu en 18 mois en cour provinciale (sauf s’il y a enquête préliminaire) et en 30 mois en cour supérieure.
++
Quelle route mène à la Cour suprême?
Lorsque la Cour suprême accepte d’étudier une demande, au moins 5 juges (souvent 7 ou 9) revoient les témoignages, preuves et conclusions des tribunaux inférieurs. Les partis plaident très brièvement. Le jugement est rendu oralement sur-le-champ ou par écrit, quelques mois plus tard.
La Cour suprême produit deux types de jugements. Un arrêt porte sur les appels en droit public, privé ou criminel. Un renvoi est la réponse à une question légale ou constitutionnelle posée par le Parlement, le Sénat ou une assemblée législative.
Les jeunes artistes de la classe de Madame Marie-Luce, du Centre scolaire Samuel-de-Champlain, ont récemment eu l’honneur de transformer le Salon Irène Grant-Guérette (IGG) en une galerie vibrante et colorée. Dans le cadre d’une initiative communautaire, ces élèves ont accroché leurs œuvres d’arts plastiques sur les murs de cet espace d’exposition dédié aux arts visuels, situé au cœur du Centre communautaire Samuel-de-Champlain.
L’événement met en vedette des créations thématiques inspirées de la Saint-Valentin et des paysages d’hiver. Des cœurs stylisés et des scènes enneigées capturant la beauté hivernale du Nouveau-Brunswick ornent désormais les murs du salon. Cette exposition représente une opportunité exceptionnelle pour ces jeunes talents de présenter leurs travaux de manière professionnelle, favorisant ainsi leur créativité et leur confiance en soi. « C’est une chance incroyable pour nos élèves de voir leurs œuvres exposées comme celles d’artistes confirmés », a déclaré Madame Marie-Luce, enseignante passionnée d’arts plastiques à l’école.
Cette exposition est ouverte au public jusqu’à la fin du mois de février 2026. Les visiteurs sont invités à venir admirer ces œuvres originales, qui reflètent l’imagination débordante des enfants. L’entrée est gratuite, et c’est une occasion idéale pour les familles, les amateurs d’art et les membres de la communauté de soutenir les artistes en herbe.
Le Salon IGG, nommé en l’honneur d’Irène Grant-Guérette et connu pour accueillir des expositions locales et des événements culturels, est situé au 67, chemin Ragged Point, à Saint-Jean. Il fait partie intégrante du Centre communautaire Samuel-de-Champlain, un pilier de la communauté francophone de la région, qui combine éducation, culture et loisirs. Des vernissages, des ateliers et des spectacles y sont régulièrement organisés, renforçant les liens communautaires.
Pour plus d’informations sur le Centre communautaire Samuel-de-Champlain ou sur les événements à venir, contactez culture@arcf.ca ou appelez 506-658-4600. Ne manquez pas cette bouffée de créativité hivernale !
Le professeur émérite à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) Mario Polèse fait une proposition radicale: pour assurer la survie du français au Canada, il faudrait l’imposer en éducation et dans certaines régions. Une mesure draconienne à son avis vitale, mais qui aurait son lot de défis.
Mario Polèse. Crédit: gracieuseté
Le professeur basé à Montréal a publié sa proposition sur le site Options politiques. Il y présente l’idée que puisque la loi 101 a pu protéger le français à moyen terme au Québec, une mesure tout aussi drastique est nécessaire pour la survie du français dans d’autres régions du Canada.
En entrevue avec Francopresse, il explique avoir voulu «essayer de trouver une solution à ce que l’on constate depuis maintenant je ne sais plus combien de décennies: que les gens qui utilisent le français à la maison dans la francophonie hors Québec continue à baisser».
Pour Mario Polèse, la tâche est de taille et des mesures draconiennes doivent être envisagées. «L’anglais est devenu tellement omniprésent, c’est vraiment de se battre contre une langue dont le pouvoir d’attraction est presque illimité.»
Instrument d’assimilation
Dans son exposé, Marie Polèse reconnait que l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés – qui garantit le droit à l’éducation dans la langue de la minorité – était une mesure essentielle, mais limitée par son époque.
«Ce serait tellement, tellement plus facile au Canada si l’autre langue n’était pas l’anglais. Si l’autre langue était l’allemand, l’italien ou le portugais, nous n’en serions pas là. C’est encore plus vrai serait encore plus vrai qu’il y a 30 ans. Avec Internet et tout ça, l’anglais est devenu tellement omniprésent», illustre Mario Polèse.
Il considère cependant que cet article est devenu, «par un cruel paradoxe que ses auteurs ne pouvaient prévoir, un instrument d’assimilation linguistique» en n’obligeant pas les francophones, incluant les familles immigrantes, à inscrire leurs enfants dans les écoles de langue française.
Selon Statistique Canada, environ un tiers des francophones du Canada inscrivent leurs enfants dans les écoles de langue anglaise. «Ce qui n’est pas négligeable. Ça me semble assez clair, c’est mathématique, ce n’est pas mystérieux», lance Mario Polèse.
Ce qui manque principalement, à ses yeux, c’est une volonté politique, aussi bien au niveau fédéral que dans les provinces et territoires.
Le professeur émérite de l’école d’études politiques de l’Université d’Ottawa, François Rocher, voit plusieurs autres obstacles à la mise en application d’une telle mesure. «D’abord, une modification à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés exigerait l’approbation de sept provinces représentant cinquante pour cent de la population canadienne. Cela est plus qu’improbable», dit-il.
Ensuite, cerner qui exactement doit obligatoirement inscrire ses enfants à l’école française serait complexe. Particulièrement dans les unions mixtes.
En théorie, l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés donne seulement le droit aux «individu[s] ayant la citoyenneté canadienne» d’inscrire leurs enfants à l’éducation en français. Les enfants de familles immigrantes nouvellement arrivées sont explicitement exclus, mais l’article ouvre également la porte à l’autorisation de leur admission par les provinces et les territoires.
Pression d’immigration
Mario Polèse reconnait les bonnes intentions derrière les modifications à la Loi sur les langues officielles adoptées en 2023. Il craint en revanche qu’elles n’aillent pas assez loin.
Il ne croit pas que l’augmentation de l’immigration francophone sera à elle seule suffisante pour augmenter le poids démographique des francophones, et ce, même si on atteint bel et bien les cibles les plus ambitieuses.
De son point de vue, l’attrait de l’anglais est tout aussi fort pour les jeunes issus de l’immigration. Si un tiers des familles francophones inscrivent leurs enfants dans les écoles anglaises et si les jeunes sont si attirés par l’anglais, «pourquoi les immigrants se comporteraient différemment? Pourquoi seraient-ils plus résistants à l’anglicisation?».
Il est trop tôt pour affirmer que la nouvelle Loi sur les langues officielles n’atteindra pas ses objectifs, avance de son côté le professeur de droit de l’Université d’Ottawa, François Larocque.
«Commençons par atteindre les cibles super ambitieuses. Appliquons la Loi et allons chercher les ayants droit qui ne sont présentement pas dans les écoles de langue française […] par l’incitation, la construction d’écoles alléchantes où un parent va vouloir inscrire son enfant.»
Ottawa a dépassé de 0,4 % sa cible d’immigration francophone hors Québec en 2025. Une avancée saluée par la FCFA et le député conservateur Joël Godin, malgré une baisse du nombre d’immigrants par rapport à 2024.
Liane Roy. Crédit: Marianne-Depelteau
La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab, en a fait l’annonce le 19 janvier à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Dans la continuité du gouvernement Trudeau, Ottawa visait initialement une cible de 8,5 % d’immigrants francophones hors Québec pour 2025.
«Ça nous encourage parce qu’on est dans la bonne direction. On n’est pas tout à fait encore où nous devions être, mais on progresse», affirme la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy, en entrevue avec Francopresse.
Les années de perte de vitesse «terminées» pour la francophonie?
«C’est bon d’avoir le 12 % pour 2029, il faut continuer à aller en progression et en augmentation», complète la responsable.
«On n’est pas tout à fait rendu à avoir fait le rattrapage nécessaire. Pendant les 20 dernières années, on avait du mal à aller chercher 2-3 % d’immigrants francophones. Au moins, ces années-là sont terminées. On est dans une progression et une trajectoire pour augmenter l’immigration francophone.»
Le gouvernement de Mark Carney s’est «engagé» à atteindre les taux d’admissions de résidents permanents de 9 % en 2026; de 9,5 % en 2027 et de 10,5 % en 2028.
En revanche, le ministère recense 1 000 immigrants de moins sur cette période, en chiffres absolus, car le gouvernement fédéral souhaite limiter les admissions de résidents permanents à moins de 1 % de la population totale canadienne.
«Quand on a commencé à avoir cette discussion sur les cibles en 2022, l’étude sociodémographique qui a été faite pour établir les cibles a été faite à partir d’un chiffre d’immigration générale de 500 000. Maintenant, nous sommes rendus à 385 000 immigrants [au total, NDLR]. Donc, bien qu’on augmente les cibles en pourcentage, les nombres absolus d’immigrants et d’immigrantes diminuent», explique Liane Roy.
«Réparer la perte du poids démographique»
Lena Metlege Diab a aussi affirmé que son ministère ajouterait 5 000 places supplémentaires dans la catégorie des Candidats des provinces. Ce programme permet aux immigrants et aux immigrantes d’obtenir la résidence permanente en étant sélectionnés par les gouvernements des provinces et territoires.
«Derrière ces chiffres, la croissance de l’emploi et de l’économie reste des priorités clés», a affirmé la ministre en conférence de presse.
Interrogée par un journaliste sur la capacité d’accueil des personnes immigrantes de certains organismes, «débordés» depuis plusieurs années, la ministre Diab a rappelé qu’«il y a beaucoup à faire avec les provinces et les territoires parce que l’immigration est un rôle pour les deux».
L’ex-ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, présente lors de l’annonce, a de son côté soutenu : «On ne peut ignorer que l’immigration francophone est en déclin au cours des dernières années. La motivation pour cela est vraiment d’assurer que nous pouvons réparer la perte démographique que nous avons vécue.»
Elle répondait notamment à une question sur la motivation de renforcer l’immigration francophone en situation linguistique minoritaire, récemment critiquée par les immigrants non francophones.
Les conservateurs «à la même place» que le gouvernement sur l’immigration
Joël Godin, porte-parole conservateur pour les Langues officielles au Parlement, appuie Liane Roy, réaffirmant que c’est un «pas dans la bonne direction».
Sur la question de ralentir l’immigration, il assure que «le Parti conservateur est à la même place que le gouvernement. […] On en prendrait plus, mais il y a un gain : [les libéraux] ont enfin compris les représentations que nous avons faites.»
Concernant les 1 000 immigrants de moins en 2025 par rapport à 2024, Joël Godin préfère souligner que le pourcentage d’immigrants francophones est en hausse.
Plongés dans un hiver plus froid que l’an dernier, il est bien difficile de sortir le bout de son nez et se risquer à des activités extérieures. Mais saviez-vous que les différents organismes présents au Centre communautaire Samuel-de-Champlain proposent plein d’activités pour ensoleiller votre mois de février?
À l’ARCf, ce sont les traditions françaises qui seront mises à l’honneur dès le 7 février pour célébrer la Chandeleur. Et au-delà des traditionnelles crêpes, ce sont tout un tas de spécialités de divers pays francophones du monde (pancakes, mille trous, ployes, gaufres, bugnes, tamales) que vous pourrez apprendre à cuisiner… ou simplement venir déguster!
La bibliothèque Le Cormoran aussi s’organise pour vous faire passer un bel hiver, plein de créativité et de douceur. Les mardis, de 14h30 à 15h30, les enfants peuvent participer aux ateliers STIAM qui proposent des activités sur les sciences, les technologies, l’ingénierie, les mathématiques et les arts. D’ailleurs en parlant d’art, les après-midi Bricole après l’école sont de retour les jeudis 5, 19 et 26 février de 14h30 à 15h30! Pour développer encore plus l’imaginaire des plus jeunes, la bibliothèque propose aussi une heure du conte le vendredi 13 février à 10h. Beaucoup d’opportunités d’occuper les enfants, mais aussi une activité régulière pour tous les âges: l’apprentissage des échecs en partenariat avec l’ARCf. Tous les mercredis de 15h30 à 16h, venez entrainer votre cerveau avec ce jeu de stratégie indémodable.
En ces temps glaciaux, quoi de mieux que de se réchauffer le cœur avec un peu d’amour? Et non, pas pour la Saint-Valentin, quoique ce soit aussi en février, mais bien pour la journée du Chandail Rose, qui arrive le dernier mercredi du mois. Une journée consacrée à la lutte contre l’intimidation. À l’école, au travail, à la maison, dans la rue ou en ligne, beaucoup de personnes peuvent y être confrontées, en particulier les minorités. Alors à cette occasion, du 18 au 25 février vous pourrez participer à la bibliothèque Le Cormoran à l’initiative Post-it positif, et répandre la gentillesse en partageant une note positive sur le tableau collectif à votre disposition.
Un article de Lohine Gagnolet, Radio C105, credit photo : Annette Robichaud
Depuis quelque temps, La Croisée, en collaboration avec le réseau de santé Horizon, offre aux gens la possibilité d’acheter des fruits et légumes à bon prix.
Il s’agit de payer 25$ une fois par mois pour obtenir des fruits et légumes. Vous économisez, puisque la quantité d’aliments reçue représente bien au-delà du 25$. Donc, plus pour votre argent!
Voici le fonctionnement:
Vous contactez Linda Longon au 506 658-4600 poste 2004 pour vous inscrire au programme. Vous recevrez un dépliant avec tous les détails tel que l’horaire des commandes et livraisons.
Vous payez en argent comptant directement à Linda ou vous envoyez votre e-tranfert à Martha.
À la date de livraison, vous venez chercher vos commandes au Centre communautaire Samuel-de-Champlain avant la fermeture.
La Croisée a des sacs recyclables et demande que ces derniers soient rapportés afin de pouvoir les réutiliser. Toutefois, vous pouvez utiliser vos propres sacs que vous identifiez.
Les commandes varient d’un mois à l’autre selon la saison, la disponibilité et le coût des produits.
Durant le printemps et l’été, il y a plus de légumes pour les salades (laitue, tomates, poivrons, concombres, etc.). Durant l’automne et l’hiver, il y a plus d’agrumes et cultures des racines (pommes de terre, courge, navet, oignons, etc.).
N’hésitez pas de prendre contact avec Linda Longon pour plus d’information au: linda.longon@arcf.ca ou au 506 658-4600 poste 2004
Saviez-vous que la Bibliothèque Le Cormoran est une bibliothèque publique-scolaire qui est ouverte à tous? Le Cormoran fait partie du Service des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick. Nous avons des livres, des objets et plusieurs services pour la communauté du grand Saint-Jean.
Nous avons aussi une appli! L’appli (application) BiblioNB peut être utilisée sur votre appareil mobile (iOS ou Android) pour accéder à votre compte de bibliothèque, le catalogue, et pour placer des réservations. Vous pouvez également trouver la bibliothèque la plus proche de chez vous et ses horaires.
L’appli BiblioNB est disponible en français et en anglais. Une fois que vous l’avez téléchargé, vous pouvez vous connecter à votre compte de bibliothèque pour accéder à toutes les fonctionnalités. Votre «code/numéro d’usager» est le numéro de votre carte de bibliothèque, incluant tous les chiffres, et votre «code PIN» (NIP) est celui qui a été communiqué lors de votre inscription à la bibliothèque. Pour confirmer ou changer votre numéro d’identification téléphoner Le Cormoran au 506-658-4610 et nous pouvons le faire par téléphone. Vous pouvez aussi venir nous voir en personne au 2e étage du Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain pour confirmer ou changer votre NIP.
Si vous n’avez pas de carte de bibliothèque vous pouvez vous inscrire en personne, et c’est gratuit! Venez nous voir, du lundi au vendredi au heures suivantes:
Lundi: 9h – 11h05 et 12h05 – 17h Mardi: 9h – 11h05 et 12h05 – 19h30 Mercredi: 9h – 11h05 et 12h05 – 17h Jeudi: 9h – 11h05 et 12h05 – 17h Vendredi: 9h – 11h05 et 12h05 – 17h